Expositions 2010

Du 6 au 24 septembre 2010 Lôter expose dans le Festival des Arts Mélanésien
-Mélanésia XXI-
à
La Maison du Livre de Nouvelle Calédonie
LE CARGO DES ARTS (RÉSUMÉ)

Quinze sculptures monumentales forment cette exposition, intitulée «Parcours en Mélanésie 2007 / 2010 – Le cargo des arts», et qui prendra place dans le jardin de la Maison du Livre à Nouméa.
Les totems et échelles de vie de Lôter, gigantesques figures de bois, témoignent de ses recherches sur les thèmes de la verticalité, mais aussi de la mémoire, de l’empreinte, du multiple chez l’Homme, des passerelles possibles entre les mondes. Pour un métissage heureux et sans compromissions. Face aux éternelles questions liées à la vie et à la mort, ses œuvres, qui se font fi des différences culturelles, tendent à l’Universel.

 

Francis Lôter en résidence au Centre Culturel Tjibaou réalise quatre sculptures pour
REBOND
Du 6 juillet au 26 septembre 2010 Centre culturel Tjibaou (Salle Kavitara) 

le Centre culturel Tjibaou expose quatre œuvres de Francis Lôter, qui vit et travaille en Nouvelle-Calédonie, au Vallon-Dore, depuis 2007. Francis Lôter est l’un des artistes invités par le collectif Soap’Art Océanie (association d’artistes plasticiens calédoniens), à créer, à travers l’une de ses œuvres, une passerelle entre les pays de la région.

Dans le Fonds d’art contemporain kanak et océanien du Centre Tjibaou, il a choisi de répondre à des boucliers papous (de Kaibel Ka’A) et à des parures néo-zélandaises (Nicky Hasting McFall) : quatre sculptures signées Lôter entament donc le dialogue, rebondissent, et relèvent le défi du face à face. Une conversation, pleine de mystère et riche d’énigmes.

Le seul point commun de ces quatre grandes sculptures, en bois noir d’Haïti : il s’agit de boucliers, à structurent humaine ! Ces boucliers-là bougent et avancent à la rencontre de l’autre, pour la guerre ou pour la paix, suivant les cas, mais toujours dans la confrontation, très loin de l’indifférence….
PHOTOS DE © CECILE PAINTOUX

1         La mort te regarde

Il est le vrai visage de la guerre. Combattant aux formes mécaniques, machine conçue pour les conflits, il est là et seulement là pour donner la mort et distribuer, largement alentours, souffrances et misères. Allégorie du désespoir, il affiche la couleur en premier plan : une gigantesque tête de mort s’étale sur son bouclier. Il vous tuera sans pitié et sans scrupules. Au dessus de son écu se dressent les visages perplexes de ceux qu’il a détruit : ils n’ont rien compris, il n’y avait rien à comprendre.

Mais où est passé celui qui l’avait inspiré : « the phantom », héros de comics américain ou surhomme papou des temps nouveau. ? De son dieu de phantasy, il n’a gardé que la puissance et l’omniscience, le mystérieux sceau du crâne aussi : il a depuis longtemps cessé de se battre contre la cruauté et la cupidité. Il est la cruauté.

rebond         rebond sculture
Verso - Bois noir Haïti   H : 2m20 - Rerto

2         Memento Mori

Celui qui va mourir vous salue. Guerrier barbare, mécanisé, soldat-robot, il marche vers la fin de son destin, sans hésitation. Par fanfaronnade ou par superstition, son bouclier le proclame : « Memento mori. Now ! ». Il peut mourir maintenant _ il se moque bien que son heure soit arrivée _ comme trucider tout de suite ceux qui osent l’affronter. Grand guerrier de la Renaissance en armure carapace, il masque le rictus figé de la mort. N’oublie pas que tu vas mourir. Souviens-toi que tu es mortel. Au bout du chemin, qui que tu sois, quoi que tu aies fait, guette la fin, ricanant de la Vanité des vanités humaines. Côté pile, à l’intérieur du bouclier se trouve l’âme du commanditaire du combat. Terrible et multiple. Sans pitié pour le pauvre soldat qu’il promet au charnier et qui semble si fier d’incarner sa philosophie de la destruction ; son idéologie de la dévastation.

rebond         rebond Haïti
Verso - Bois noir d’Haïti   H : 1m95 - Recto

3         Guerrier de l’ombre

Rusé,il se dandine et semble se trémousser. Comme un serpent qui danse au bout d’un bâton, il séduit pour mieux attaquer, charmant son charmeur. Esclave lascif mais létal, définitivement supérieur au maître. Il évoque et invoque ces manifestants Sud africains qui marchaient en dansant face aux chars anti-émeutes et aux armes de guerre. Tout aussi désespéré et sans illusions, il a compris que l’important dans le combat n’est pas l’issue, mais le combat. Au fond de lui se trouvent tous les guerriers du continent noir, Peuls et Toucouleurs, Ibos et Masaïs qui s’affrontaient en dansant, le futur vainqueur devant sauter le plus haut possible en conservant les pieds joints. Comme ses ancêtres, il est Homme avant tout et est très fier de son sexe en forme de guillotine. Comme ses aïeux, il est impitoyable pour ses ennemis et porte la mort, le crâne ultime, sur son visage. Face à lui et au terrifiant miroir qu’il nous tend, une seule issue, une seule solution : la fuite.

rebond         rebond Bois noir
Verso - Bois noir d’Haïti   H : 1m85
- Recto

4         Le déserteur

Il a quitté le combat. Inversé son bouclier qu’il porte sur le dos. Ce déserteur n’écrit pas de lettre, ne veut convaincre nul président… Son message, il l’a inscrit sur son bouclier « Peace 4 peace ». La paix pour ce qu’elle contient de promesses et d’espoirs. Le déserteur n’a pas oublié que les génocidaires rwandais « coupaient » à heures fixes puis rentraient se coucher jusqu’à la prochaine aube sanglante. Il le refuse en bloc ! Il veut la paix 24 heures sur 24. Son bouclier est une carapace de tortue. La tortue... Pour les Indiens d’Amérique, elle personnifiait la déesse de l'énergie et la Mère éternelle. Sa carapace nous enseignait comment nous protéger des blessures, de l'envie, de la jalousie et de l'inconscience des autres. Dans le culte des ancêtres, les Chinois croyaient pouvoir établir une communication avec le monde des morts par le biais des tortues (scapulomancie). Le déserteur, à force de combats, a absorbé tout ces symboles, toutes ces croyances. Il marche vers la sagesse…

sculptures         Centre Culturel Tjibaou
Verso - Bois noir d’Haïti   H : 1m46 - Recto

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Centre culturel Tjibaou
Exposition Ko Névâ 2010 : Quels reg[g]arts sur les identités, en Nouvelle-Calédonie, au 21e siècle ? 

“Simple réflexion” pour KO NEVA 2010
Dans le cadre de l’exposition collective Ko Névâ (« l’esprit du pays »), organisée du samedi 27 février au dimanche 30 mai 2010 et qui inaugurera la saison culturelle 2010 du Centre culturel Tjibaou, à Nouméa, Francis Lôter présente “Simple réflexion”.
Cette oeuvre est une création en miroir. Un triptyque dressé comme une psyché, face au spectateur/visiteur qui devra tracer sa propre voie face au multiple.
Au centre, des masques figurent le berceau de l’humanité dont les racines se trouvent en Micronésie et Mélanésie. De part et d’autre, deux panneaux de bois portent, chacun, neuf toiles et représentent deux visages de la société moderne.
A gauche (l’humain désincarné, mécanisé), comme à droite (l’individualisme triomphant, la communication stérile), on ne passe pas : les panneaux sont opaques. La seule issue se trouve au centre, dans ces origines vers lesquelles il faut revenir et qu’il faut continuer à questionner…

Exposition à la Galerie Eiffel,
Bibliothèque Bernheim Nouméa Nouvelle Calédonie
du 18 mars au 12 avril 2010

« Parcours en Mélanésie 2007/2010 »

Lôter vit en Nouvelle-Calédonie depuis 4 ans, et travaille dans son atelier niché, en pleine nature, au Mont-Dore. Sculpteur engagé dans la découverte de l’autre à travers son art, Lôter réfute tout académisme. Ce passionné de réalisation présentera du 18 mars au 10 avril 2010, à la bibliothèque Bernheim, une exposition intitulée « Parcours en Mélanésie 2007 / 2010 ». Il y exposera une vingtaine de sculptures totémiques exprimant, dans un style qui lui est propre, sa découverte de la culture mélanésienne..Sans se dépouiller de son regard occidental, Lôter a retrouvé dans cette culture, beaucoup d’éléments qui constituent son inspiration originelle dans l’expression directe au travers du bois. Cela lui a permis de toucher à un élément essentiel de son parcours : la verticalité. A travers, ces réalisations, l’artiste a établi une passerelle entre deux cultures, voire deux mondes qui se sont souvent ignorés.
A voir dans cette exposition : des pièces monumentales atteignant parfois quatre mètre de haut, exprimant le lien permanent entre la terre et le ciel ; entre l’humain et le spirituel.

Entrée libre aux heures d’ouverture de la bibliothèque

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Exposition "Ko Névâ 2010"
Quels reg[g]arts sur les identités, en Nouvelle-Calédonie, au 21e siècle ?
Du samedi 27 février au dimanche 30 mai 2010
Francis LÔTER : «  Simple Réflexion »
Trytique : H/2m15  X L : 3m85 X 0,15
Bois , bois marouflé

Francis LÔTER : « Simple Réflexion » (2010)

Simple Réflexion

“Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.”
Arthur Rimbaud

C’est une œuvre en miroir. Un triptyque dressé comme une psyché, face au spectateur/visiteur qui devra tracer sa propre voie face au multiple. Ici, le regard de celui qui contemple est essentiel : acteur devant la création, il la modèle sans toutefois la modifier.

Au centre de ce travail, des masques dont les dessins, les patines et les bois sont différents : ils figurent la société première, le berceau de l’humanité dont les racines se trouvent en Micronésie et Mélanésie. Ces masques _ sans ouverture aucune (à une exception près, pour cette bouche étonnée qui laisse passer la lumière) _ dissimulent l’identité, les identités accessibles seulement aux initiés et à ceux que la curiosité de l’autre taraude encore.

De part et d’autre, deux panneaux de bois portant, chacun, neuf toiles, cadrées, séparées, sans liens directs les unes avec les autres. Ces panneaux au sommets triangulaires, coiffés de deux masques tutélaires, sont les deux visages, les deux facettes de la société moderne.
Panneau de gauche : l’humain désincarné, mécanisé, formaté par les médias et les conventions _ regards flous, indirects et insaisissables, rouages et mécanismes, tristesse et résignation compassée.
Panneau de droite : l’individualisme triomphant, l’émotion et l’affectif débridés, la communication stérile. Pas de lumière derrière ces regards lançant de faux éclairs, pas de chaleur dans ces sourires hypocrites. Les bouches ne s’arrondissent que pour célébrer le règne du souverain poncif.

A gauche, comme à droite, on ne passe pas : les panneaux sont opaques. La seule issue se trouve au centre, dans ces origines vers lesquelles il faut revenir et qu’il faut continuer à questionner. La société calédonienne, aux multiples visages, aux identités variées et métisses, contraint chacun à une interrogation permanente sur son propre être. Il nous est impossible de refuser ce miroir. L’exigence rimbaldienne prend tout son sens. Pour survivre, une seule solution : devenir tous poètes, se faire tous voyants…